Paris, le 24 février 2011 : Alors que le chef de l’Etat s’apprêterait à autoriser la construction d’un second réacteur nucléaire EPR à Penly, décision qui ferait suite à un débat public purement cosmétique, l’industrie du solaire photovoltaïque européenne vient d’annoncer que 2010 avait été une année record en terme de raccordement et d’installation. L’Allemagne culmine avec plus de 7000 MW raccordés quand la France peine à installer 500 MW, creusant encore son retard en la matière.
Le Grenelle, présenté comme une révolution énergétique, n’a fixé qu’un bien modeste objectif de 5.400 MW d’électricité photovoltaïque raccordés au réseau en 2020 en France quant l’Allemagne s’est fixée pour ambition d’atteindre 52.000 MW à la même échéance, près de 10 fois plus !
De la même façon, l’éolien progresse significativement avec une puissance installée européenne dépassant désormais les 86.279 MW. Une fois encore, la France part de beaucoup plus loin et fait moins d’effort que des pays comme l’Espagne ou l’Allemagne.
Avec une réglementation qui tend à se durcir et une fiscalité de plus en plus restrictive, la France risque de ne même pas atteindre les bien modestes objectifs fixés par les parlementaires.
A l’aune de ces piètres résultats en matière de développement des énergies renouvelables, Agir pour l’Environnement constate une fois encore que la France met tous ses œufs dans le même panier percé d’un nucléaire coûteux, dangereux et ne répondant pas à la demande électrique future dite de pointe.
Faute d’anticipation, la France se prépare à devoir injecter des sommes abyssales dans la construction de nouveaux réacteurs EPR (environ 10 milliards d’euros), dans la maintenance des réacteurs vieillissants (35 milliards d’euros), le démantèlement de vieux réacteurs (plusieurs dizaines, voir centaines de milliards d’euros) ainsi que dans la « gestion » des déchets radioactifs durant des siècles.
Même en matière de maîtrise de l’énergie, la France est en train de passer à côté de ses engagements européens. En 2010, la France a accru sa consommation électrique de plus de 5% alors même que notre pays s’est engagé à baisser sa consommation de 20% d’ici à 2020.
Pour l’association, l’option nucléaire défendue par le chef de l’Etat s’apparente à un autisme énergétique et peut dès à présent être considérée comme un échec sur toute la ligne.
Retard énergétique!